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Tactique Défensive

La défense sur Point Fort. L’armée française développe à cette époque une nouvelle conception de la défense. Jusqu’alors, établir une ligne de défense consiste à s’ancrer sur les éléments forts (ville et village) en les occupant massivement. S’il est très difficile pour l’adversaire de s’emparer de la zone investie, les effectifs utilisés pour la défendre sont importants. En date du 18 août 1804, le Maréchal Berthier, ministre de la guerre, donne pour instruction aux Maréchaux Soult, Davout et Ney d’organiser des entraînements mettant en œuvre un nouveau concept défensif. Dans ce schéma, un édifice de la zone est occupé par une troupe d’élite. Il s’agit en général d’une église, d’une battisse fortifiée, ... qui présente un potentiel de protection important. En front de la zone, face à l’adversaire se déploient des tirailleurs. Le reste de la troupe est stationné derrière le village, à l’abris des regards.

Le processus qui s’engage s’articule en 3 phases :

  1. l’adversaire se met en bataille, progressant vers le village en chassant les tirailleurs qui commencent leur travail de sape en tirant sur des masses compactes. Les tirailleurs se replient, entraînant la troupe vers le point fort…
  2. l’antagoniste, progressant maintenant dans le village, n’est plus en formation ; il va recevoir un feu nourri en arrivant devant l’édifice renforcé, engendrant des pertes importantes. La progression est stoppée.
  3. Une troupe menée par un chef de bataillon va de l’arrière pénétrait dans le village pour bousculer et bien souvent pousser à la fuite les fantassins ennemis ou les faire prisonniers. En concomitance sur cette action, d’autres compagnies contournent le village et font feu sur les ennemis mis en fuite…

L’adversaire est chassé du village mais va certainement revenir. Et le même développement va se réaliser, amoindrissant progressivement le potentiel offensif de l’adversaire. Ce schéma sera très souvent utilisé durant la période 1805-1815… Outre Jungingen, on peut citer :

  • le village de Hassenhausen lors de la bataille de Auerstaed (14-10-1806) superbement remportée par Davout…
  • le village d’Essling en 1809,
  • pour conclure, le village de Plancenoit lors de la triste journée de Waterloo.

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