Octobre 1805, le 11. Le général de Division Dupont a passé une bien dure journée. A la tête des 5275 hommes de la première division du VI Corps du Maréchal Ney, il a résisté aux 23000 autrichiens cantonés à Ulm sous les ordres de Mack. Nous avons avons choisi cette confrontation pour illustrer les principes du Wargame que nous vous proposons. Le nombre limité des acteurs facilite l’assimilation des concepts avant de vous retrouverà Austerlitz le 2 Décembre.
La bataille de Haslach Jungingen n’a sûrement pas été voulue par les parties en présence. Quand le Général de Division Dupont (1ère Division du 6ème Corps de Ney) arrive devant Ulm, il ne croît pas être face à une armée conséquente mais plutôt devant l’arrière garde de Mack. Dans son mouvement stratégique, Napoléon a souhaité arriver sur les arrières du général autrichien. Il a demandé à Lannes de faire une démonstration devant la Forêt Noire afin de capter l’attention de cette armée stationnée à Ulm, dans l’attente du renfort austro-russe. Le plan a parfaitement fonctionné. Après quelques engagements à Wertingen puis Gunzburg, l’armée française a pris position près de Ausbourg. Napoléon confie alors à Murat le soin de commander une armée composée de la Réserve de Cavalerie et des 5ème et 6ème Corps (Lannes et Ney). Elle a pour objectif de suivre Mack vers le sud quand celui-ci prendra la décision de quitter Ulm. A cette fin, Murat souhaite que son effectif entier soit sur la rive droite du Danube. Ney ne partage pas cet avis; il pense que le général adverse pourrait essayer de s’échapper vers le nord, et demande à son supérieur hiérarchique, lors d’un entretien houleux, l’autorisation de ramener tout son Corps sur la rive gauche. Le 10 octobre, le 6ème Corps d’Armée est en effet partagé en deux; si l’essentiel est au sud du Danube avec le gros de l’Armée française, il en va autrement du Général Dupont qui a reçu l’ordre de faire mouvement vers Ulm pour fixer ce que l’Etat Major pense être l’arrière garde autrichienne. Durant ces évènements, la 1ère Division avance, avance encore.
Carte stratégique d’Haslach Jungingen
La voici à Ulm. Les hussards chargés d’éclairer le mouvement rapportent que l’effectif adverse est important. Le général français part en observation et ne peut que confirmer… L’alternative est simple :
Le général français n’hésite pas. Dans un premier temps, il prévoit d’ancrer sa ligne de défense sur Haslach et de s’étendre au sud vers le Danube. Cette organisation ne lui semble pas très sûre car elle laisse un couloir au nord où les autrichiens vont probablement s’engouffrer pour inquiéter son aile droite. Dupont observe le petit village de Jungingen plus à l’ouest. Eloigné de Haslach, il verrouille cependant cette allée dangereuse qui menace sa droite. Sa décision est prise : les compagnies de grenadiers et carabiniers des six régiments sont réunies afin de composer un bataillon provisoire qui occupera Jungingen, avec en soutien le 9ème léger ; sur le secteur d’Haslach, il va déployer le 96ème, le 32ème de ligne et l’artillerie à pied. La cavalerie jouera le rôle de réserve. Il envoie de plus un message au général Baraguey d’Hilliers de le rejoindre avec sa division de dragons à pied. Coté autrichien, la réaction est rapide ; cependant, la cavalerie légère n’a pas réalisé son travail d’observ ation. Mack ne sait pas, malgré l’altitude de Ulm, si ce qu’il voit constitue l’avant garde d’une armée plus importante ou un groupe isolé de combattants. On peut penser cependant qu’il penche plutôt vers la première solution. Dupont l’a trompé et ce stratagème va empêcher les Autrichiens d’engager tout leur potentiel. Tout est en place pour le premier acte qui va se dérouler dans et autour de Jungingen.
Portrait du général de division français
DUPONT
