Au nord, un affrontement va opposer 4 entités : coté français Murat et Lannes opposés à Bagration et von Liechtenstein. Le corps de Lannes est en ligne de bataille devant le Santon, proéminence qui verrouille l’aile gauche, caché par le terrain qui à cet endroit ondule. La division Suchet est à gauche de la route Brunn Olmutz, Caffarelli à droite. Nansouty et Kellerman, en léger retrait derrière Caffarelli protège le flanc droit de l’infanterie. Milhaud est devant Bozenitz, avec le 2ème Bataillon du 27 Léger. Le reste de la Réserve de Cavalerie est formé derrière Lannes. En face, la colonne de Bagration est formée sur deux lignes et commence sa progression vers 10h. La cavalerie austro-russe est essentiellement positionnée à la gauche des fantassins.
Sur le Zurlan: Vue du Santon…
Lannes fait maintenant mouvement en ordre mixte, les régiments sur deux lignes organisés en formation mince au centre de la ligne, en colonne serrée aux extrémités. Les 18 pièces russes de l’Artillerie à cheval situées devant Blasowitz ouvrent le feu à 900 mètres. Von Liechtenstein décide de lancer un assaut avec ses régiments de cavalerie lourde. Les fantassins français attendent le dernier moment avant de déclencher un feu nourri et meurtrier qui repoussent les cavaliers. Kellerman charge alors avec ses hussards et se trouvent soudain pris sous le feu de l’artillerie russe, puis au contact avec les 950 ulhans du major-général Penitski. Les hussards reviennent au galop vers leur ligne, passent dans les espaces de la ligne de fantassins français. Leurs agresseurs sont alors face à la mitraille ; la trajectoire est déviée et , au lieu de rompre et faire volte-face, les cavaliers longent la ligne française… Quatre cents hommes restent au sol…
Vue du Santon vers Bosenitz (au loin)
Kellerman est à nouveau en action ; ses 4 régiments engagent la 2ème brigade russe. Lannes demande à Walther de supporter les hussards avec ses dragons. La mêlée est furieuse et là encore les français vont sortir vainqueur. Quand apparaît la cinquième brigade de Bagration, Kellerman se replie à nouveau sagement derrière Caffarelli. Pour mieux repartir encore, toujours accompagné par Walther ; les 2300 cavaliers sont opposés maintenant à 5 régiments russes (plus de 3300 sabres). L’engagement est violent, les français en difficulté... Murat, à la tête de la division lourde de Nansouty charge et bouscule l’adversaire. L’embarras change de camp. Après un retrait français pour se reformer et une nouvelle charge, la cavalerie adverse s’enfuit. L’aile droite française est libre…
Canon posé sur le Santon
Lannes demande maintenant au 13ème léger et au 51ème de ligne de se rendre maître de Blasowitz, encore tenu par les Jaeger de la Garde Impériale russes. Si le premier assaut est repoussé, assaut durant lequel le colonel Castex est mortellement blessé, le second se conclut victorieusement. Au nord, Bagration ordonne au 5ème Jaeger, soutenu par deux régiments de cavalerie légère, de tourner l’aile gauche de Lannes. Le 2ème bataillon du 17ème léger se retire rapidement, se plaçant alors au nord du Santon, couvert par les 18 canons de 3£ pris aux autrichiens à Ulm. Les russes sont arrêtés, chargés par la 17ème légère reformée aidée par la cavalerie de Treillard et Milhaud, puis repoussés. En même temps, la ligne du corps de Lannes avance... mais une trentaine de canons, situés au nord, causent des pertes importantes à l’infanterie. En quelques minutes, 400 hommes sont hors de combat dont le général Valhubert et les tambours du 30ème de ligne. Le Maréchal fait intervenir son artillerie ; une quinzaine de pièces de 12£ et 8£ vont très rapidement rendre silencieux les 30 canons adverses. La ligne reprend alors son avance. Bagration sait maintenant qu’il a perdu. Il met en place le repli, aidé par l’arrivée opportune d’un régiment d’artillerie à cheval. Il abandonne 16 pièces et 2000 hommes. Bernadotte, en refusant d’avancer, a aussi faciliter la fuite du meilleur des commandants coalisés.
De Blasowitz, vue vers le Santon
